Le livre de Dominique
Goblet a été créé à l’occasion
du projet Frigobox Echangeur Narratif / récits de villes :
une série d’ateliers de bandes dessinées dont
la ville de Bruxelles était le thème. Le projet a rassemblé
une vingtaine de dessinateurs sur un an. Imprégnée de
cette contrainte, la dessinatrice est parvenue à mettre en
scène un monde intime qui évoque la disparition et la
mort d’un père.
Dominique
Goblet est une dessinatrice de l’intimité. Son livre
précédent " Portraits crachés " était
un mélange de récits et de fastueux dessins. Au-delà
de l’intimité et des mythes de l’autobiographie,
le mélange est ce qui caractérise le mieux le livre
tel qu’envisagé par la dessinatrice. On se souvient que
le mélange est une notion littéraire inventée
par Proust. La Recherche pourrait se lire selon cette notion qui exige
que les genres se mêlent les uns aux autres. Ce serait le roman
policier et le roman d’initiation, ce serait le roman et l’essai,
le roman et l’autobiographie, etc. Cette approche, toute proportion
gardée, est l’approche gobletienne. Le mélange
est le tout du corpus. Encore faut-il que le mélange soit heureux.
Le n’importe quoi guette tel intrépide parti. Rien de
cela, mais le tremblement de l’existence qui infuse les pages
charbonneuses.
Le livre de Dominique Goblet a été créé
à l’occasion du projet Frigobox Echangeur Narratif /
récits de villes : une série d’ateliers de bandes
dessinées dont la ville de Bruxelles était le thème.
Le projet a rassemblé une vingtaine de dessinateurs sur un
an.
Imprégnée par cette contrainte, la dessinatrice est
parvenue à mettre en scène un monde intime qui évoque
la disparition et la mort d’un père. Le motif central
est la quête et la disparition totale d’une vie. En effet,
les traces de l’existence, donc de la mort, du père ont
disparu du cimetière, comme s’il n’avait jamais
vécu. La narratrice ne retrouve pas le nom de son père.La
quête inassouvie libère la fiction. Ce récit s’ancre
alors comme par défaut dans le nom d’un inconnu, Mathias
Khan.
Le dessin révèle ce balancement. Tantôt très
stylisé, tantôt très observé, le graphisme
dévoile l’aller-retour entre le présent de la
narratrice et le passé de la fiction.
Le livre de Dominique Goblet est un livre d’automne. On y apprend
les significations de la châtaigne, " aliment lié
aux défunts ". Une visite au cimetière, une scène
d’enterrement, on se croirait à la veille de la Toussaint,
un jour de novembre. La réussite du livre tient en partie à
ces sensations que le livre transmet au lecteur.
Ce récit est un récit du nord et ne peut pas avoir d’autre
cadre.